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Scoops sur le blog! Coup de coeur musique

Il y a des airs qui dès les premières notes vous font oublier tout autour de vous, vous transportent d’émotions, vous font voyager. Un soir de mai dernier, sur la péniche Anako, je suis laissée emporter par le trio Scoops aux notes irlandaises mais pas que. Je les avais déjà vu en concert, et chaque fois la magie opère. Les petits tracas du quotidien s’envolent. Je ne suis plus à Paris mais dans un pub joyeux où parfois un brin de mélancolie me rend rêveuse. J’ai le plaisir aujourd’hui d’accueillir David Doucerain sur le blog pour nous parler un peu de ce groupe à la complicité évidente.

 

Bonjour David,

Ravie de te retrouver pour cette interview. J’ai eu la chance de te voir jouer à plusieurs reprises et avec des groupes différents: Scoops bien sûr, mais aussi avec Nord Est ou encore pour Rockaway au profit de l’association Ela. Peux-tu te présenter un peu aux lecteurs du blog?

Salut Sophie! Je suis donc musicien professionnel principalement guitariste mais également bassiste et contrebassiste. J’ai effectivement plusieurs projets, très différents d’un point de vue stylistique, et c’est ça que j’aime : passer d’un style à l’autre. J’accompagne aussi quelques chanteurs/euses de chanson.
Ma formation est principalement jazz, mais je me suis toujours intéressé et j’ai toujours écouté beaucoup de choses très différentes. Et les quelques projets que tu as évoqué représentent bien cet éclectisme qui forme mon parcours professionnel.

Aujourd’hui, c’est de Scoops dont on va parler. C’est un vrai bonheur chaque fois pour moi de vous écouter sur scène. Comment s’est faite la rencontre avec les deux autres musiciens? Parle moi d’eux.

Merci pour ton mot ! J’ai d’abord rencontré Baptiste Rivaud, le flûtiste, lors d’un concert dans une école de musique où j’enseigne. Je jouais à l’époque avec une violoniste qui souhaitait monter un groupe de musique à inspiration celtique, nous avons travaillé ensemble sur ce projet. Puis, il a souhaité développer une autre formation de musique irlandaise et m’a proposé qu’on le fasse ensemble. Je lui ai alors, à l’époque, répondu que je ne jouais pas cette musique, et il m’a répondu que c’était ce qui l’intéressait justement : mélanger nos influences!
Il m’a ensuite présenté Nicolas Dupin, le joueur de bodhran (tambour irlandais), et nous avons rapidement commencé à travailler sur notre répertoire.

J’aime beaucoup la complicité qui vous unit chez Scoops. Il semblerait que vous ayez aussi des personnalités bien différentes…

C’est vrai. Nous sommes de vrais amis, et je pense que cela se ressent. Nous prenons beaucoup de plaisir à jouer ensemble et nos trois personnalités assez différentes et complémentaires créent une complicité et une alchimie qui, je pense, se ressentent sur scène.

Comment choisissez vous les morceaux ? Avez-vous vos propres compositions?

Notre répertoire est composé de morceaux traditionnels irlandais, de standards de jazz et de nos compositions à influence irlandaise et jazz. C’est ce qui nous anime dans ce trio, mélanger des styles et les faire cohabiter. Pour ce qui est des traditionnels irlandais ou des standards de jazz, nous choisissons ceux qui nous plaisent, qui nous ont marqué dans nos parcours de musiciens.

Quand on y connaît rien en musique Irlandaise, comme moi, que faut-il savoir? Des pistes à donner pour un néophyte?

Le répertoire de cette musique est composé de morceaux qui, à l’origine, sont des danses (jigs, reels, polkas…). On y trouve également des chansons, mais pas dans notre trio. C’est une musique traditionnelle très “active” (il y a beaucoup de groupes actuels évoluant dans ce style et qui connaissent un grand succès), et universelle. Beaucoup d’irlandais ayant immigré au cours des années, on la retrouve dans plusieurs pays. On peut l’entendre très souvent jouée dans des pubs lors de ce qu’on appelle des “sessions” (jams).

Je me souviens très bien de la sensation que j’ai eu la première fois que je vous ai écouté. C’était dans une petite salle voûtée, il y a quelques années. J’étais fascinée par le trio d’instruments. L’harmonie. Peux-tu me présenter un peu vos instruments d’ailleurs? Est ce que ce trio est typiquement irlandais, a été construit par votre rencontre ?

Notre trio est composé de la guitare, instrument qui va gérer l’accompagnement rythmique et harmonique, le bodhran qui est le tambour typique de la musique irlandaise, qui lui a evidemment un rôle rythmique mais également un peu mélodique, et la flûte traversière irlandaise en bois, qui joue les mélodies, les thèmes. Ce sont des instruments que l’on retrouve très souvent dans cette musique. On trouve souvent plusieurs instruments mélodiques au sein d’un même groupe, ainsi que, pourquoi pas de la contrebasse. Notre envie a été la recherche d’un aspect “brut” à savoir un seul instrument mélodique, un seul instrument harmonique, et un seul instrument de percussion. Ceci afin de profiter de chacun de ceux-ci.
Mais nous aimons beaucoup quand nous nous retrouvons parfois plus nombreux sur scène lors de certains concerts comme ça va être le cas la semaine prochaine au théâtre de l’Essaïon (Paris).

Je ne sais pas pourquoi, moi quand je pensais musique irlandaise, je pensais plutôt violon. Pourtant en vous entendant, je voyage là-bas plus vite qu’en avion…

Effectivement, le violon est un des instruments mélodiques traditionnels de cette musique et très présent dans ce style. Mais la flûte l’est également.
Et c’est en fait surtout la façon de jouer les mélodies, les ryhtmes qui va donner la “couleur” irlandaise, et du coup le voyage !

J’ai assisté une fois à une rencontre de musiciens passionnés, dont vous, dans un pub. J’ai adoré cette ambiance, et je retrouve cette chaleur quand vous êtes sur scène….

C’est une musique qui est beaucoup jouée dans les pubs en Irlande et aussi en France.
Plusieurs musiciens se retrouvent, à l’initiative de un ou deux qui vont organiser ce qu’on appelle une “session”. On s’installe autour d’une table et chacun leur tour les mélodistes proposent des airs que tout le monde va jouer.
Avec Scoops, nous organisons des sessions régulièrement au Corcoran’s du Sacré-Coeur, ça peut être l’occasion de découvrir le principe !

Vous allez bientôt jouer à l’Essaïon…

Oui. Nous jouons au théâtre de l’Essaïon à Paris 4e, les 17,18 et 19 novembre prochains à 19h45.
Cela fera la 3e fois que nous jouerons dans ce théâtre. Nous avons intitulé ces 3 soirs “SCOOPS AND FRIENDS” car nous inviterons tous les soirs des amis musiciens à venir partager la scène avec nous. (violon, violoncelle, accordéon, chant, cornemuse irlandaise…)
C’était pour nous l’occasion de se re-produire à Paris, après la sortie du 2e album “Rockarolan”, que nous avions présenté au Studio de l’Ermitage (Paris 20e), et après notre tournée d’été (Festival Interceltique de Lorient entre autres). Cet album, ainsi que le premier seront disponibles à la vente lors de ces concerts. Mais on peut également les acheter sur internet.

 

Merci beaucoup David pour cette initiation à la musique irlandaise. Je peut dire que c’est vraiment ton groupe qui me l’a fait découvrir car pour moi cela se résumait à des musiques de films ou les Corrs!

Aujourd’hui plus que jamais en ce 13 novembre qui nous évoque des souvenirs si douloureux à Paris,  je suis heureuse de soutenir les artistes qui jouent sur scène. Qui ont le courage de continuer pour défendre leur art, la liberté de l’exercer dans le plaisir du partage. Je ne peux donc que vous inviter à prendre vos places pour aller voir Scoops en concert.

Petit bonus, le groupe a la gentillesse de proposer aux lecteurs du blog de profiter des tarifs réduits pour l’essaïon (10€) en réservant auprès du théatre avec le mot de passe « ROCKAROLAN » (01 42 78 46 42)

 

Bon concert! 

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Loïs Low illustrations

Ballade avec Loïs Low (piste 2)

Hello Loïs Law ! Hier on a discuté de ton parcours et ta pratique de plasticien… Je me demandais d’ailleurs y a-t-il un artiste, une expo, un film ect que tu nous recommandes en ce moment ?

Un film, j’ai vu il y a peu « La Grande Bellezza » et j’ai adoré, tout y est magnifique, les plans, la douce amertume du personnage principal, l’élégance à l’italienne. Ça me donne envie de voir d’autres films de Paolo Sorrentino.

Une expo, celle du Tripostal sur des collections privées flamandes, il y a certaines aquarelles et peintures de Michaël Borremans, dont le travail est inspirant. On y trouve la mort, le sexe, l’étrangeté mais aussi beaucoup de douceur et d’humour. Ça me touche particulièrement.

Tu as également un talent de musicien. Tu me fais tellement rire avec ta chanson Dunkerque ! C’est tout un autre pan de ta personnalité que l’on découvre via les chansons. Est-ce que cette sensibilité ne pouvait être exprimée en images visuelles mais seulement en sons et mots ?

J’entretiens un rapport différent avec la musique, c’est beaucoup plus irréfléchis, ça vient moins du cerveau que des tripes et du ventre, même si « Dunkerque » est assez écrite il y a quelque chose de l’ordre de la pulsion, comme un jeu de mot qui vient, un lapsus ou quelque chose qui sort sans qu’on sache vraiment pourquoi. Là c’est partit d’un couple, qui, le lendemain d’une soirée, repartait sur Dunkerque. J’ai dis sans réfléchir « ahh, Dunkerque ! » et c’est devenu un refrain. Les paroles, l’idée de faire jouer histoire entre un homme et une femme sur fond social c’est venu après. Et ça se veut toujours léger. J’essaie de trouver aussi cette légèreté dans les dessins, c’est juste que la méthode est différente.

Les deux sont ils complémentaires ? Tissent des liens ?

Tu es passé par la sculpture aussi…

Je pense qu’il y a parfois des liens entre mes chansons et mes dessins, mais pas systématiquement . Disons que ceux sont deux bébés dont je suis le père, il n’est pas anormal d’y retrouver de ma personnalité dans chacun mais ce n’est pas réfléchis au préalable. Certaines compos se veulent plus visuelles, je pense nottament à « Jenny Ann » qui est une composition en anglais, je la visualisait en la créant. J’ai eu l’image surréaliste d’une fille qui marche sur la plage et d’un œil gigantesque qui la suit, un paysage d’Irlande un peu, du vent aussi..Il y a sans doute plein de liens que je ne voie pas. Finalement c’est le boulot des autres ça, moi je produis;)

Dans mon rapport à la sculpture il s’agissait, comme je l’ai dis au début, de faire jouer des traits et masses dans l’espace. C’est la même chose avec le dessin ou la peinture finalement. C’est juste qu’il y avait une dimension de plus, la profondeur. Et bien sur d’autres notions..équilibre, propriété des matériaux (draps, plâtre etc..). J’ai même peint avec la nourriture à la Michel Blazy, mais le côté incontrôlable et éphémère avait ses limites.

Sur ton site un petit clin d’œil à la Normandie. C’est quoi une torgoule artistique ?

Une torgoule artistique ? Tu fais sans doute référence à un des chapitres du site qui se nomme ainsi. Normalement on doit dire « teurgoule » ! C’est un mot normand un peu transformé:) C’est un genre de riz au lait normand, il y a quelque chose d’assez foutraque je trouve, de costaud par l’accumulation, je trouvais ça drôle de nommer un ensemble de dessin sous ce dénominateur. J’aime le mot et sa sonorité, il y a quelque chose de décalé. Et puis, si je ne me trompe, ça vient de ‘tordre’ la ‘goule’ (le visage) c’est donc très visuel.

Tu vis à Lille en ce moment après un moment à Paris. Est-ce que tu sens un changement dans ta façon de créer selon l’endroit où tu es ?

En revenant à Lille j’ai récupéré l’espace de vie perdu à Paris, les loyers et la vie étant moins chers. J’ai désormais une salle qui me sert d’atelier, je peux donc produire plus. Néanmoins j’ai adoré Paris et c’était très inspirant. Donc j’y reviendrai assez régulièrement. L’endroit ou je crée en soit importe peu en soi, ce qui compte c’est surtout l’espace et le calme ( pour ce dernier point c’est pas encore l’idéal mais bon on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a).

Des projets ?

Une exposition Lilloise de quelques dessins au Bartabas (un bar à Wazemmes) qui débutera en novembre.

Concernant ma production je suis sur un dessin qui part d’une vue de la place de Lille avec des passants…ça risque déraper bientôt, à suivre.

Pour ce qui est de ma visibilité, je cherche à exposer dans des galeries, parisiennes et/ou lilloises.

À bons lecteurs…

Merci Loïs pour ta générosité et à bientôt à Paris ou à Lille !

Et pour voyager dans ton univers on peut visiter ton facebook et ton site web.

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Fantôme, Josepha l’enchanteresse

En février, je partageais avec vous sur facebook mon enthousiasme pour aller découvrir sur scène Fantôme Josepha au théâtre de l’Ogresse. Si depuis que j’ai ouvert ce blog, au fil des mots clés des moteurs de recherche je me suis aperçue que ce drôle de petit lieu existait, je n’y avais encore jamais mis les pieds. La rencontre avec Fantôme Josepha a été un joli prétexte pour satisfaire ma curiosité. Retour donc sur des concerts, qui ont eu lieu il y a quelques temps déjà mais dont je voulais absolument vous parler!

En descendant les marches de la petite salle voûtée où ont lieu les spectacles de marionnettes, j’ai eu le plaisir de sentir résonner en moi les mélodies à la harpe de Fantôme Josepha qui se sont frayées un chemin jusqu’à mon coeur. Quelques temps plus tard j’ai récidivé en allant l’écouter dans un bar, le Stand’art café de Ménilmontant … Je dois vous dire que la demoiselle est courageuse car jouer dans un endroit où les gens ne sont pas venus pour vous mais plutôt pour picoler, c’est un sacré défi! Ce combat de David contre Goliath je vous avoue m’a émue aux larmes… Sa musique belle et pure contrastait avec l’environnement tout autour. j’avais l’impression de voir une fleur de printemps luttant contre les neiges tardives et le vent glacial. J’ai aimé sur scène ce duo/duel avec son instrument la harpe. On sent que tout son corps est impliqué dans la création. Son univers est par ailleurs très onirique. On entend quelques références littéraires, notamment à l’univers de Lewis Carroll… C’est quelque chose qui m’a beaucoup interpellée. J’avais l’impression de suivre avec elle le lapin blanc.

Troublée par ce voyage mélodique je vous invite à aller découvrir à votre tour l’univers de cette magicienne, qui se paye le luxe d’écrire des textes aussi bien en anglais qu’en français afin de servir au mieux une gamme d’émotions exprimées de façon très personnelle, et ainsi très touchante… D’ailleurs, la demoiselle a plus d’un tour dans son sac… Musicienne, elle est également auteure de BD, avec le joli livre sur Isadora Duncan, une femme toute aussi envoûtante et passionnée!

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