Raison et sentiments de jane austen roman

Raison et sentiments de Jane Austen

Oui je sais! J’ai encore lu Raison et sentiments. Ne me grondez pas. Je n’y peux rien. Le livre doit être aimanté. Tous les ans il m’appelle au moins une fois. Il n’y a rien à faire. Je dois prendre des nouvelles des soeurs Dashwood.

Résumé de l’éditeur:

Raison et sentiments sont joués par deux sueurs, Elinor et Marianne Dashwood. Elinor représente la raison, Marianne le sentiment. La raison a raison de l’imprudence du sentiment, que la trahison du beau et lâche Willoughby, dernier séducteur du XVIIIe siècle, rendra raisonnable à la fin. Mais que Marianne est belle quand elle tombe dans les collines, un jour de pluie et de vent.

Mon avis:

Vous l’avez compris: j’ADORE Jane Austen. Ses livres sont de pures merveilles dont je ne me lasse pas… Mes exemplaires en sont tout cornés!
Un incontournable pour la grande romantique que je suis. Pourquoi pourquoi. Parce que la plume de Jane Austen est magnifique, envoûtante, inspirante. On vibre autant que les personnages. Ils deviennent des amis proches. On a envie de les consoler, de les gronder aussi parfois. Parce que résumer Jane Austen a une auteure de livres d’amour c’est ne jamais avoir lu un de ses romans. Bien sûr qu’il y a des sentiments (le titre ne ment pas) mais ça va bien au delà. Il y a une vraie analyse sociale aussi. La question de l’héritage. La société patriarcale qui écrase les femmes mais finit aussi par se retourner contre les hommes obligés de suivre ces règles dénuées de raison par sens du devoir et de l’honneur. Ces thèmes sont parfaitement analysés grace à la psychologie des personnages si fine. Lors de mes premières lectures, je me sentais bien plus proche de Marianne. Se laissant conduire par son coeur, faisant fi des conventions, téméraire, l’incarnation même de la jeunesse. Le temps passant je comprend mieux l’ainée Elinor que je trouvais autrefois bien sérieuse, un brin ennuyeuse ou trop morale. Voilà ce qui est incroyable avec Jane Austen, au fur et à mesure on découvre des strates nouvelles dans ses romans. Je ne saurai que trop vous conseiller leur lecture!

Bon et quand on a fini de le lire, on fait quoi? On se jette sur les versions filmées!

Les adaptations fidèles au roman

Cinéma

Vu et revu ce film d’Ang Lee est une réussite. Les acteurs ici sont parfaits. Hugh Grant craquant en jeune homme maladroit et timide (oui comme dans casi toutes ses comédies romantiques me direz-vous). Emma Thompson, qui a d’ailleurs adapté le roman de Jane Austen en scénario, est magistrale (on est jamais mieux servi que par soi-même). Mais ma préférence va à Kate Winslet: belle, insolente, passionnée, elle est l’incarnation parfaite de son personnage Marianne Dashwood.

BBC

La BBC est passée reine, il y a bien longtemps, de l’adaptation des plus grands romans. On se souviendra bien sûr de celle d’Orgueil et préjugés, de Jane Austen également, avec Colin Firth et sa chemise mouillée pour jouer le mutique Darcy. Ici c’est également par épisode que l’on suivra les mésaventures des soeurs Dashwood. C’est une bonne idée car sous forme de série on peut vraiment retranscrire chaque passage du roman. A voir!

Le film inspiré par Jane Austen

Pour continuer dans la lignée des adaptations des romans de Jane Austen: Non pas Raison et sentiments (comme me l’a fait remarquer en commentaire une gentille lectrice avisée), mais Orgueil et préjugés version bollywood ! Si si c’est possible. On s’éloigne certes du roman d’origine pour basculer dans la comédie romantique un peu plus à l’eau de rose mais ce n’est pas une mauvaise idée de situer l’histoire en Inde car la question des classes sociales (castes) et au coeur du roman de Jane Austen. Et puis les films indiens ont un effet solaire sur le moral, tout de suite on se laisse entrainer par les mélodies joyeuses et les danses.

Sophie Adriansen Grace Kelly

Grace Kelly, le feu sous la glace

Il y a quelques semaines j’ai eu le plaisir de découvrir l’écriture de Sophie Adriansen, plume entre autre du très bon blog Sophielit. Les biographies ne sont a priori pas un genre qui j’affectionne particulièrement. Souvent, on est dans le sensationnel (révélations tonitruantes) ou dans le contrôle a l’image des magazines people. Là où cela devient intéressant c’est quand on fait fondre l’image de papier pour s’intéresser à la personne sous un autre angle, essayer de trouver le fil rouge qui conduit une vie (certains parlent de destin). C’est ce que j’ai aimé dans ce livre sur Grace Kelly, les chapitres apportent chacun leur pièce au tableau (de fleurs séchées) de l’icone d’Hollywood, princesse de Monaco mais surtout femme. J’ai souhaité en savoir un peu plus en m’entretenant avec l’écrivaine.

 

J’ai vu passer dans ton blog plusieurs titres de tes livres, plusieurs sujets ou genres très différents: d’où pars-tu pour écrire?

Je m’intéresse à beaucoup de choses. Ce qui me pousse à écrire sur un sujet en particulier, c’est l’envie de creuser, de rentrer dans le détail. Dans le cas d’une personnalité, c’est la volonté de découvrir l’être humain qui se cache derrière la figure publique. Le point commun, c’est qu’il faut que quelque chose me touche, à un moment donné, pour que je choisisse d’aller plus loin. De vivre avec ce sujet ou cette personnalité pendant plusieurs mois.

Quelle image avais-tu de Grace Kelly avant d’entamer tes recherches? Qu’est-ce qui as changé sur ta façon de la percevoir?

Les photos de Grace Kelly, et de Grace de Monaco, sont pour la plupart parfaites. Rien ne dépasse. Ces images posées, réfléchies, sélectionnées avec soin sont artificielles. Je savais qu’elles ne représentaient pas la réalité. Je ne savais pas, en revanche, quelle était exactement la réalité derrière…

J’ai toujours pensé que la vie d’une princesse n’avait rien d’un conte de fées. Que la princesse soit antique ou moderne. Au cours de mes recherches, j’ai découvert ses amours, ses failles, ses blessures d’enfance… Elle est devenue humaine. Attachante. Et plus fascinante encore.

 

D’ailleurs quels sont les documents / Lieux/ Personnes qui t’ont aidé à percer le mystère?

Il existe déjà de nombreuses biographies de Grace Kelly. Ce qui est intéressant, c’est qu’on y trouve tout et son contraire : qu’elle a été heureuse du début à la fin de sa vie, mais aussi que son existence n’a été qu’un enfer. De même, l’approche des biographes français et celle des biographes américains n’est pas la même : les premiers cherchent à révéler comment elle est devenue princesse, les seconds ce qui s’est passé après qu’elle a quitté Hollywood. Une forme de vérité se dégage de toute cette littérature.

Mais il était nécessaire de m’approcher plus près encore. J’ai ainsi, par exemple, longuement échangé avec quelqu’un qui l’a bien connu, qui est entré dans son intimité… C’était essentiel pour confronter le destin figé dans les livres au quotidien d’une femme faite de chair et de sang et en tirer ma propre vision du personnage.

Que penses-tu de l’idée d’adapter la vie de Grace Kelly sous forme de biopic?

Le parti pris de départ est original et intéressant : se focaliser sur une année en particulier, une année emblématique qui est celle où le retour aux studios a été envisagé, très sérieusement, pour la première et pour la dernière fois… Le film a déjà beaucoup fait parler de lui. Avant même la fin du montage ! Je suis curieuse de voir comment le début de la vie de Grace est mis en perspective à partir de cette fameuse année 1962…

Du choix de Nicole Kidman?

Plus que le physique, c’est l’attitude qui permet de juger de l’adéquation d’un acteur avec celui qu’il interprète. Nicole Kidman a 46 ans, soit treize de plus que l’âge de Grace en 1962, année qui fait l’objet du film. Elle est rousse, Grace était blonde. Malgré tout, il se peut qu’elle incarne très justement le personnage si elle s’en est suffisamment imprégnée… Le résultat permettra de juger de son talent d’actrice. Verdict dans quelques semaines !

Qui aurais tu choisis pour l’interpréter sinon?

En voilà une question difficile ! Je l’ai tellement observée devant la caméra que j’aurais tendance à répondre – et ce n’est pas pour botter en touche – que personne d’autre qu’elle ne peut jouer Grace Kelly…

Aujourd’hui les réseaux sociaux et la multiplicité des images ont tendance à enlever leur part de glamour aux stars en les montrant dans leur quotidien. Dans le livre on sent la place des medias qui ont contribué à construire le mythe, est ce pour cela que tu as souhaité gratter l’image de papier glacé?

Effectivement. Il n’y a rien de plus tentant que le papier glacé : on sait qu’il cache forcément quelque chose… Le cas des Grimaldi est particulièrement intéressant pour ce qui concerne le rapport aux médias : la famille a voulu les utiliser pour asseoir son image, se rendre accessible, mais cela les a desservis autant que cela les a servis…
Les célébrités peuvent protéger leur vie privée. Je le crois sincèrement. Mais si elles décident de lever le voile, même un tout petit peu, elles savent qu’elles prennent un risque. Quand on joue avec le feu, on ne sait jamais comment les choses se termineront.

Finalement, est ce que la vie de G.K. était vraiment un conte de fée? On sent une certaine lassitude et repli dans les derniers chapitres? G.K est-elle a l’image de ses tableaux de fleurs séchées?

La comparaison avec les compositions de fleurs séchées est assez juste. La beauté presque intacte, exposée, applaudie, mais les couleurs qui passent et la vie qui s’en va… La scène était sa sève. Grace a eu de grands bonheurs dans sa vie de princesse, mais sans sève, une fleur ne peut que dépérir, aussi jolie et bien conservée soit-elle… Même si Grace a choisi son destin d’altesse, sa vie n’a pas été un conte de fées. Vraiment pas.

De toute façon, nous savons bien que les contes de fées n’existent pas ! N’est-ce pas ?

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Nord et Sud, un roman passionnant

Nord et Sud, c’est l’histoire d’une jeune fille Margaret, habituée à une vie tranquille dans le Sud de l’Angleterre, dont la vie va être chamboulée lorsque son père, démissionnant de son poste de pasteur de campagne va décider d’emmener sa femme et sa fille pour une ville ouvrière du Nord, Milton. C’est là que Margaret découvrira un autre mode de vie, très différent de son univers, et surtout Mr Thorton, le patron d’une industrie de coton, fier et à l’aspect rude pour une jeune fille habituée aux salons londonniens.

En lisant Nord et Sud, j’ai eu l’impression que Jane Austen avait rencontré Emile Zola. Et comme ce sont deux de mes auteurs favoris, vous imaginerez aisément à quel point j’ai été transporté par cette histoire.

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Tout d’abord parce que, en grande romantique les histoires d’amour contrariées, à rebondissements j’adore ça. Mais parce que je ne suis pas non plus une adepte des livres arlequins et qu’il est tout aussi important que l’écriture soit délicate et le sujet profond.

Car sous couvert de l’histoire tourmentée entre Margaret et Mr Thornton, il y aussi de nombreuses réflexions sur la société de l’époque: la question de la foi, de la place de la femme, de l’éducation, de la lutte des classes, du travail, de la justice… On sent bien la tention de la grève qui gronde. Bref c’est un roman riche qui transporte tout autant qu’il amène des questions. Car tous ces sujets sont encore au coeur des problèmes d’aujourd’hui, d’une façon différente certes, mais toujour présents.

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J’ai vibré avec Margaret, ri, pleuré. Cette héroïne est complexe, à la fois passionnée, forte et fragile, déterminée. Un vrai personnage de femme qui évolue au fil du roman et des épreuves que lui réserve la vie, n’hésitant pas à se remettre en question. En cela elle m’a rappelée le personnage d’Elizabeth Bennet dans Orgueil et préjugés.

Les personnages secondaires sont soignés et émouvants, que ce soit Bessy la jeune fille malade, son père Higgins le syndicaliste au grand coeur, ou Monsieur Bell le professeur d’Oxford à l’allure désinvolte mais généreux. Et que dire de la fameuse Mrs Thornton, effrayante et touchante dans son amour inconditionnel pour son fils.

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Un classique qui m’a bouleversée!

Si vous avez aimé ce livre, je vous conseille l’adaptation BBC. Même si elle a pris certaines libertés avec le fil de l’histoire en ajoutant des scènes pour densifier les réactions des personnages, l’esprit du roman d’Elizabeth Gaskell est intacte et le duo fait mouche.