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Home sweet home?

Home est un livre qui a beaucoup fait parler dans les médias et sur la blogosphère. J’étais curieuse de lire ce qui a souvent été un « coup de coeur » ou « coup de poing » pour certains. J’attendais peut être un peu trop de ce petit livre. En effet la réputation de Toni Morrison la précède: prix pulitzer, prix nobel de littérature… Avec Home, on sait que l’on tient un grand livre dans les mains.

Du style, je n’ai rien à reprocher. L’écriture est très belle, incisive, même dans sa traduction. J’imagine sans peine combien cela doit être mieux en version originale. L’histoire m’a un peu moins touchée. Les personnages pourtant ont des chemins de vie très percutants, plein de détours. En quête d’un chez eux. Un retour à la maison douloureux pour un ancien soldat. Une tentative de fuite du carcan familial pour d’autres afin de mieux créer une vie qui leur sera propre. Le malaise est dans chaque page. On perçoit comme il est difficile pour ces personnages noirs américains de se faire une place dans cette société des années 50. Le regard qui pèse sur eux. L’ambiance ségrégationniste.

Les flashback sont très intéressants et apportent un éclairage sur la part d’ombre du soldat. Cela permet de mieux comprendre la folie qu’il dégage dans les premières pages du roman qui m’ont autant déstabilisées, malmenées, que le personnage. Je ne savais pas où l’auteure voulez le conduire et surtout me conduire moi lectrice. J’étais aussi perdue que lui. Cela partait trop fort, trop vite. Et peut être qu’à ce moment là je n’avais pas envie de courir après ce personnage pour le rattraper dans sa folie, ancrer en moi des souvenirs de guerre traumatisants survenant brutalement dans la lecture (et cela, il est vrai rend bien les symptômes des vétérans atteints du stress post traumatique).

C’est peut être ce concentré d’émotions qui m’a dérangée. J’ai eu l’ impression que Toni Morrison voulait tout mettre dans le même livre. Les personnages semblent parfois porter le poids du monde sur leurs épaules, comme si qu’importe le chemin qu’ils choisiront, le destin et la misère les rattraperont. Cela donne une vraie force au livre mais prive aussi de certains développements qui auraient pu être passionnants. J’aurai peut être aimé en connaître davantage sur le lien unissant Frank le soldat, et sa soeur Cee. Même si quelques souvenirs d’enfance sont écrits. Même si l’on sent bien que c’est ce lien qui les fait encore tenir debout.

Je ne regrette pourtant pas du tout cette lecture qui m’a fait découvrir Toni Morrison. Home sera plutôt un point de départ à la lire de nouveau, une amorce plutôt qu’un aboutissement. Peut être, comme les personnages, il faudrait que je reprenne la route en revenant en arrière pour mieux comprendre, en suivant le fil des oeuvres de Toni Morrison afin d’éprouver le sentiment qu’Home est la fin du voyage.

 

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