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Les mal partis de Sébastien Japrisot

De Sébastien Japrisot j’avais lu Un long dimanche de fiançailles après avoir adoré son adaptation au cinéma par Jean Pierre Genet. Des Mal partis je sors plus bouleversée encore.

L’histoire est bien sulfureuse déjà pour un jeune écrivain de dix sept ans.

Denis Letterand, jeune homme de quatorze ans tombe fou d’amour pour Soeur Clothilde, la religieuse qu’il rencontre au chevet des blessés à qui il rend visite après la classe. Mais cette amourette se transforme en passion dévastratrice. Les sentiments sont réciproques.

Les deux amants dissimulent alors leurs rencontres aux yeux de leurs proches mais aussi de la société qui les condamne et métamophose une relation sincère et pure en péché criminel. Cela n’est pas sans rappeler un certain Abbé Mouret d’ailleurs. Des retrouvailles clandestines ont lieu à l’école, à l’hopital, sur le banc d’un parc: là où deux mains qui s’effleurent, un regard qui se croise sont déjà des gestes interdits. Mais lorsque le coeur tambourine si fort il est difficile de s’aimer à moitié, il leur faudra trouver d’autres voies, d’autres refuges.

Le talent précoce de Sébastien Japrisot lui permet de dépeindre les affres du premier amour, avec un recul sur le monde un peu cynique parfois pour « jouer au grand » mais sans jamais parvenir vraiment à s’arracher à l’exaltation, l’enthousiasme, et cette aspiration à la vérité que l’on a à l’adolescence. On retrouve l’ambiance de l’école tenue par les jésuites, un environnement froid, austère dont l’on s’évade grâce aux blagues des copains et aux bagarres. Les ados jouent à la guerre en entretenant entre eux des rivalités d’écoliers, aussi absurdes que le conflit de la deuxième guerre mondiale qui sert de toile de fond à l’intrigue. De l’occupation on ne parle pas ou peu, seulement pour parler des difficultés de se nourrir, les tickets de rationnement ou le marché noir. On croise bien un ou deux soldats allemands de temps en temps mais cela ne fait que participer à l’ambiance si particulière du roman.

Un livre sur le secret. Sur le silence. Sur le bonheur que l’on salit au nom d’une morale pudibonde.

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