Musée des arts forains paris

Le musée des arts forains

En plein coeur de Paris, se trouve un endroit magique. Si un besoin de rêver se fait sentir, si vous voulez retomber en enfance, c’est au musée des arts forains qu’il faut aller de toute urgence. C’est parti pour un tour!

image

La visite se fait sur réservation et avec un guide qui vous fera une visite d’espace en espace en racontant de petites anecdotes. Accueil dans une jolie cour arborée après un passage voutée ou des tutus sont suspendus au plafond. Cela vous met tout de suite dans l’ambiance. Autrefois, le quartier de Bercy était le petit coin de campagne de Paris, là où on allait dans les guinguettes pour faire la fête, mais aussi où se trouvait les vignes. Le musée des arts forains se trouve ainsi dans d’anciens chais.

Musée des arts forains extérieur

On continue la promenade qui nous conduira dans quatre espaces aux noms prometteurs : Le théâtre du merveilleux, les Salons Vénitiens, le théâtre de verdure et le musée des arts forains. A l’intérieur que de surprises et de beauté! Un antiquaire, Jean Paul Favand a collectionné des objets du spectacle depuis 1972 et de tous ces objets est né en 1996 le musée des arts forains.

La scénographie est parfaite. On ne sait plus où donner de la tête tellement on a envie de tout regarder dans les details, de la cambrure des chevaux de bois aux anciens tickets de bons pour les manèges. Même les boutiques et les stands de gourmandise sont là.

image

Et cerise sur le gateau, certains jeux fonctionnent encore! Et nous voilà à lancer des boules pour faire avancer le personnage avec une envie folle de gagner la course, ou de tourner sur le caroussel, ou encore pédaler comme un fou!

La partie spectacle de marionnette aussi fonctionne très bien et ajoute à la féérie du lieu.

Si vous avez des enfants pas loin, servez vous en d’excuse pour profiter aussi de ce petit bijou de musée. Ils seront ravis et vous aussi!

Musée picasso Ecriture Signature de Picasso

Le (nouveau) musée Picasso

Visité il y a quelques années, la curiosité m’a poussée à découvrir ce que ce célèbre musée Parisien était devenu après de longs travaux. Il a fallu jouer de patience car lors de son ouverture, la foule était au rendez-vous. Maintenant que le temps a passé, qu’il fait beau, c’est le moment parfait pour le (re)découvrir.

image

Le musée Picasso, c’est d’abord ce très bel hôtel particulier: l’hôtel Salé. Celui-ci a été construit au XVIIe siècle pour le percepteur des gabelles (taxes sur le sel), Pierre Aubert. On retrouve le style mazarin dans l’architecture combinant formes nouvelles et héritage de François Mansart (à qui l’on doit par exemple le musée Carnavalet). La cour intérieure par laquelle les visiteurs accèdent au musée est pleine de charme. Mais le plus beau est sans conteste le majestueux escalier qui vient d’être rénové.

Un an après la mort de Picasso, en 1974, le choix est fait d’y installer la dation qui fait de la France le premier pays collectionneur au monde de l’artiste. L’hôtel Salé est ainsi restauré par l’architecte Roland Simounet qui ajoute certains amènagements plus modernes s’inspirant de Le Corbusier, tout en conservant les parties historiques. En octobre 1985, le musée Picasso ouvre ses portes.

A partir de 2006, un nouveau chantier de restauration démarre. Il s’agit d’abord des façades et décors extérieurs, puis en 2009 de la partie XVIIe siècle (hall et grand escalier, mais aussi pavage de la cour). Cette remise à neuf est également l’occasion de revoir la circulation dans le bâtiment et les parcours de visites. 2014, le public s’empresse dans le musée dès son inauguration. Les files d’attentes sont interminables. Picasso de son vivant suscitait déjà cet engouement et cette curiosité.

image

La visite des collections démarre avec La mort de Casagemas peinte en 1901. Ce jeune artiste était un ami très proche de Picasso. Parti d’Espagne avec lui, ils découvrent ensemble la vie de bohème et d’artiste à Paris. Les jeunes femmes légères aussi, dont l’une, Germaine (danseuse au Moulin Rouge) fera perdre la tête à Casagemas qui tentera de l’assassiner avant de retourner l’arme contre lui. Cette toile est forte. La trace sur la tempe laissée par la balle est bien visible. Ce choix d’oeuvre pour démarrer est surprenant car il va à l’encontre de l’idée que ce fait le grand public de Picasso. Cette toile est assez réaliste dans son dessin et les couleurs sont intenses.

image

On continue avec des séries de portraits aux périodes mélangées. Le grand écart est impressionnant entre les toiles de la période bleue qui suivent justement la mort de Casagemas, où Picasso est jeune artiste sans le sou, et les toiles de la maturité où l’on reconnait le trait noir si célèbre formant les distortions des corps.

Un petit passage dans un espace consacré au corps féminin, source d’inspiration majeure. De la putain à l’amante, de la vieille femme malade à la jeune fille gracile, Picasso n’est pas dans une quête du beau mais plutôt d’une certaine forme de vérité, quite à choquer.

image

On retrouvera à l’étage d’autres portraits de femmes, plus importantes encore pour l’artiste: sa femme (la ballerine russe Olga avec qui il mènera une vie plus bourgeoise), la tendre Marie Thérèse Walter et la piquante Dora Maar. Et de certains de ces amours passionnés sont nés des tableaux mais également des enfants dont Picasso fera le portrait.

Revenons au rez de chaussée, où le corps de la femme n’est jamais loin. On s’approche alors doucement des Demoiselles d’Avignon qui firent scandale grâce aux croquis et toiles préparatoires. Les statuettes de Nouvelle Calédonie judicieusement accrochées à côté nous rappelle le choc esthétique que fut pour Picasso la découverte des arts dits « premiers » et comment il s’en est servi pour trouver des solutions à la fois en peinture mais aussi en sculpture. Car la collection Picasso regroupe aussi bien les toiles, que les croquis, les dessins, et les sculptures. Picasso est un touche à tout!

image

Sans surprise, les toiles de la période où Picasso expérimente le volume avec Braque sont exposées également. La période cubiste est un moment majeur de l’histoire de l’art, avec cette volonté de peindre le réel sous toutes ses facettes. C’est dans cette idée que pour la première fois un artiste introduira le collage dans une toile. Pour Nature morte à la chaise cannée en 1912, Picasso colle une toile cirée imitant le cannage d’une chaise afin d’ajouter du réel à la composition. C’est un geste fondateur. Une violation du statut sacré aussi de la toile, salie ici par une matière commune, vulgaire. Bien plus tard, les artistes du pop art sauront s’en rappeler. Notons tout de même qu’ici les formes voluptueuses des nus féminins se retrouveront dans les courbes des guitares.

image

L’atelier Brancusi

Quand on se rend dans le quartier des halles ou que l’on va au centre Pompidou, il y a un endroit que l’on pense peu ou pas à visiter, et c’est bien dommage. Il s’agit de l’atelier de Brancusi.

Artiste majeur du 20e siècle, né en 1876 en Roumanie, c’est à Paris qu’il investit des ateliers jusqu’à sa mort en 1957. L’année précédente, il avait légué à l’état français son atelier du quartier Montparnasse avec tout ce qui s’y trouvait: meubles, recherches, oeuvres en cours ou achevées… L’espace et notre perception de cet espace étant les éléments les plus importants de son travail (notamment avec les fameuses Colonnes sans fin), l’architecte Renzo Piano a cherché à transmettre l’ambiance et les rapports d’échelle entre les oeuvres (qui créent une unité) d’avantage que de reconstituer en détail l’atelier. En effet dans les années 50, Brancusi a du mal à laisser partir ses oeuvres pour les vendre. Lorsqu’il en cède une, il la remplace par son plâtre pour ne pas rompre l’équilibre entre les formes. Mais aussi pour préserver les correspondances entre les matières. Si le plâtre, remplace le marbre vendu il n’en a pas moins d’importance.

image
Chaque matériau chez Brancusi a sa vie propre. Une vie qu’il va révéler par un travail de taille et de polissage qui rompt avec le modelage de la sculpture traditionnelle. Si les thématiques s’inspirent encore de la mythologie (Leda, La muse endormie, Prométhée, Danaïde, Fontaine de Narcisse) ou du réel avec tout un bestiaire ( L’Oiselet, L’oiseau dans l’espace, Le poisson, Le coq, Le phoque) et des portraits ( Tête de femme, Tête d’enfant endormi, Mlle Pogany, Madame Eugène Meyer JR…), c’est par le traitement de la matière et la forme que Brancusi réinvente la sculpture.

image

Cela lui causera d’ailleurs bien des soucis avec la douane New Yorkaise en octobre 1926. En effet, 20 sculptures dont L’oiseau dans l’espace arrivent de Paris par bateau pour une exposition. La douane intercepte l’ensemble et refuse de considérer les oeuvres comme objets d’art car elles ne sont pas des représentations. Si les objets ne sont pas des oeuvres, elles sont des marchandises (objets en métal manufacturés) et l’artiste doit s’acquitter d’un droit de douane de 40% de leur prix de vente. Brancusi s’en mêle, la presse aussi, et la douane libère provisoirement les sculptures sous l’étiquette  » D’ustenciles de cuisine et matériel hospitalier ». Finalement un procès aura lieu, et les juges se prononceront en faveur de l’artiste:

« L’objet considéré (…) est symétrique et beau dans sa forme, et bien que l’on puisse avoir quelque difficulté à l’associer à un oiseau, il est néanmoins plaisant et très ornemental et, comme nous tenons la preuve que c’est la production originale d’un sculpteur professionnel et que c’est en fait une sculpture et une œuvre d’art selon les autorités auxquelles nous avons référé ci-avant, nous soutenons la réclamation et trouvons qu’il le droit d’entrer sans payer de droits.

image

On comprend mieux suite à cette anecdote l’importance de Brancusi pour la sculpture mais aussi pour l’art contemporain qui s’interroge énormément sur la question de l’espace notamment via les installations. Visiter l’atelier c’est donc prendre le temps d’observer ces liens entre les formes et leur environnement. Brancusi c’est d’ailleurs appuyé sur la photographie, et avec Man Ray notamment, pour fixer les compositions mais aussi pour voir l’impact de la lumière sur ces oeuvres pour créer des vibrations de la matière.

image

Donc la scénographie du lieu , vous l’aurez compris, comprend les photographies mais aussi l’espace même de l’atelier avec les outils et les oeuvres, comme si Brancusi veneait de quitter la pièce. Pour préserver l’atelier, le visiteur déambule autour et le contemple via des baies vitrées. Je ne vais pas vous mentir, on a envie de les briser pour rentrer à l’intérieur mais du moins c’est cohérent avec le fait que l’assemblage des sculptures et outils dans un même espace fait oeuvre à part entière. J’ai aimé aussi le jardin qui fait un sas avec la ville.

Un tout petit lieu plein de charme au coeur de Paris à découvrir sans plus tarder sur la piazza du centre Pompidou. Et en plus c’est gratuit !

 

Raison et sentiments de jane austen roman

Raison et sentiments de Jane Austen

Oui je sais! J’ai encore lu Raison et sentiments. Ne me grondez pas. Je n’y peux rien. Le livre doit être aimanté. Tous les ans il m’appelle au moins une fois. Il n’y a rien à faire. Je dois prendre des nouvelles des soeurs Dashwood.

Résumé de l’éditeur:

Raison et sentiments sont joués par deux sueurs, Elinor et Marianne Dashwood. Elinor représente la raison, Marianne le sentiment. La raison a raison de l’imprudence du sentiment, que la trahison du beau et lâche Willoughby, dernier séducteur du XVIIIe siècle, rendra raisonnable à la fin. Mais que Marianne est belle quand elle tombe dans les collines, un jour de pluie et de vent.

Mon avis:

Vous l’avez compris: j’ADORE Jane Austen. Ses livres sont de pures merveilles dont je ne me lasse pas… Mes exemplaires en sont tout cornés!
Un incontournable pour la grande romantique que je suis. Pourquoi pourquoi. Parce que la plume de Jane Austen est magnifique, envoûtante, inspirante. On vibre autant que les personnages. Ils deviennent des amis proches. On a envie de les consoler, de les gronder aussi parfois. Parce que résumer Jane Austen a une auteure de livres d’amour c’est ne jamais avoir lu un de ses romans. Bien sûr qu’il y a des sentiments (le titre ne ment pas) mais ça va bien au delà. Il y a une vraie analyse sociale aussi. La question de l’héritage. La société patriarcale qui écrase les femmes mais finit aussi par se retourner contre les hommes obligés de suivre ces règles dénuées de raison par sens du devoir et de l’honneur. Ces thèmes sont parfaitement analysés grace à la psychologie des personnages si fine. Lors de mes premières lectures, je me sentais bien plus proche de Marianne. Se laissant conduire par son coeur, faisant fi des conventions, téméraire, l’incarnation même de la jeunesse. Le temps passant je comprend mieux l’ainée Elinor que je trouvais autrefois bien sérieuse, un brin ennuyeuse ou trop morale. Voilà ce qui est incroyable avec Jane Austen, au fur et à mesure on découvre des strates nouvelles dans ses romans. Je ne saurai que trop vous conseiller leur lecture!

Bon et quand on a fini de le lire, on fait quoi? On se jette sur les versions filmées!

Les adaptations fidèles au roman

Cinéma

Vu et revu ce film d’Ang Lee est une réussite. Les acteurs ici sont parfaits. Hugh Grant craquant en jeune homme maladroit et timide (oui comme dans casi toutes ses comédies romantiques me direz-vous). Emma Thompson, qui a d’ailleurs adapté le roman de Jane Austen en scénario, est magistrale (on est jamais mieux servi que par soi-même). Mais ma préférence va à Kate Winslet: belle, insolente, passionnée, elle est l’incarnation parfaite de son personnage Marianne Dashwood.

BBC

La BBC est passée reine, il y a bien longtemps, de l’adaptation des plus grands romans. On se souviendra bien sûr de celle d’Orgueil et préjugés, de Jane Austen également, avec Colin Firth et sa chemise mouillée pour jouer le mutique Darcy. Ici c’est également par épisode que l’on suivra les mésaventures des soeurs Dashwood. C’est une bonne idée car sous forme de série on peut vraiment retranscrire chaque passage du roman. A voir!

Le film inspiré par Jane Austen

Pour continuer dans la lignée des adaptations des romans de Jane Austen: Non pas Raison et sentiments (comme me l’a fait remarquer en commentaire une gentille lectrice avisée), mais Orgueil et préjugés version bollywood ! Si si c’est possible. On s’éloigne certes du roman d’origine pour basculer dans la comédie romantique un peu plus à l’eau de rose mais ce n’est pas une mauvaise idée de situer l’histoire en Inde car la question des classes sociales (castes) et au coeur du roman de Jane Austen. Et puis les films indiens ont un effet solaire sur le moral, tout de suite on se laisse entrainer par les mélodies joyeuses et les danses.