Sarah Trioullier

Viaje al alma / Sarah Trioullier

Dans le travail photographie de Sarah Trioullier, j’aime beaucoup les effets de flou : certains paysages semblent sortir d’une brume, d’un rêve… Cela n’est pas sans rappeler l’aube de la photographie .

Les contours estompés et le grain particulier m’évoquerait presque le fusain. Et pourtant quand elle passe à la couleur, cela évoquerait plutôt le côté suranné qu’ont maintenant pour nous les photographies d’enfance des années 80.

Ses modèles ont souvent des pauses de repli sur eux même un peu mélancoliques avec des positions d’attente ou de sommeil par exemple. Cela emmène celui qui regarde ta photographie vers un espace intérieur, hors cadre. On flotte entre deux mondes, par les contrastes forts la lumière et les gestes suspendent leur course… Elle joue sur la transparence, l’invisible…

Pour le blog, en plein accrochage, Sarah Trioullier nous parle de son voyage intérieur, une forme de quête initiatique et esthétique.

 

Aujourd’hui a lieu le vernissage de ton exposition Viaje al alma. Parles nous un peu de ton parcours d’artiste. Comment es tu venue à la photographie ?

J’ai toujours aimé l’art, c’est pour cela que j’ai essayé les études en Histoire de l’art à l’Université. Au fil du temps je me suis rendu compte que c’était la création qui pouvait réellement remplir mes attentes.
Depuis mon enfance j’ai été attiré par la photographie. D’abord je voulais prendre en photo tout ce qui m’entourai et ensuite j’ai été attirée non seulement par les images mais aussi par la machine et les techniques. C’est tout naturellement que je me suis inscrite à une école de photographie.

Pourquoi avoir choisi ce médium plutôt qu’un autre moyen d’expression? 

Je me sent à l’aise en m’exprimant avec la photographie. Ce moyen me convient et me comprend et c’est le seul avec lequel j’arrive à me livrer.

Quel est ton rapport avec l’appareil ? Ami ? Enfant chéri ? Compagnon de route ? Ennemi parfois ?

Je dirais compagnon de route et ami. Si j’ai mon appareil photo je ne me sent pas seule. Mais parfois il devient un ennemi car je sens que je dois m’en séparer pour pouvoir profiter entièrement des moments. Dans les deux cas c’est une grande histoire d’amour.

D’ailleurs quel est-il ? Est-ce que tu utilises toujours le même ?

J’en ai plusieurs, mais j’avoue qu’il y en a deux qui m’accompagnent très souvent. Un Konica 24×36 un Yashica 6×6. Ils ont en commun que ce sont des reflex argentiques, et même si je reconnais que le numérique a de nombreux avantages et que je travaille aussi avec un numérique, il est plus facile pour moi de m’exprimer en argentique.

Quel est ta technique ?

Je ne pense pas avoir une technique en particulière, le choix de l’appareil photo et de la pellicule jouent beaucoup, mais la seule réelle constante que je m’efforce de tenir dans mon travail est celle de sentir la photo et d’être en accord avec le cadre que je construit et mon sujet.

Et pour le tirage alors ?

Pour ce qui est des tirages je m’efforce de le faire moi même quand c’est possible. Le choix de la taille et du papier est toujours lié au sujet. La technique utilisée pour le tirage fait partie de ce que je veux exprimer dans mes photos.

Quelle période couvre les clichés que tu présenteras samedi ? Où les as-tu pris ?

Viaje al Alma est le produit du voyage que j’ai fait en Colombie en février 2014. De retour en France j’avais besoin de partager tout ce que ce voyage a représenté pour moi. C’est une manière de rendre hommage aux rencontres et aux paysages qui ont nourri mon séjour. Plus que la découverte d’un pays formidable, ces photos sont les témoins du voyage qui m’a aidé ouvrir des chemins pour me trouver en tant qu’être humain et en tant qu’artiste.

Si tu devais sélectionner une seule de tes photographies laquelle serait-elle ? Peux tu nous raconter son histoire. Les circonstances dans lesquelles tu as prise le cliché et pourquoi cette fois est importante pour toi.

C’est bizarre mais je ne pourrais pas car elles représentent toute un moment particulier, une histoire avec les personnages ou les endroits. Déjà il m’a fallu faire un choix pour l’expo et j’ai du faire appel à un regard extérieur pour pouvoir prendre la décision finale des photos exposées. Alors choisir une seule c’est infaisable.

Viaje al alma, c’est le titre que tu as choisi pour présenter ton travail. Es tu partie avec cette idée avant de réaliser les clichés ou est-ce que ce sont les photographies une fois réunies qui ont révélé leur lien ?

Le titre m’est venu une fois que j’avais choisi les photos de l’expo, faire ce choix difficile m’a fait comprendre que le voyage que j’avais fait, avait été beaucoup plus qu’une question de traverser l’Atlantique. Je pensais aller explorer un pays, et je me suis rendu compte que j’avais du explorer mon âme. C’est pour cela que le titre s’est imposé à moi : Voyage dans l’âme.

On est dans le voyage au sens large, sous sa forme initiatique. Est-ce ainsi que tu conçois la quête artistique ?

Je pense que ta question est le résume de tout ce que je viens de dire. La vie en soi est un voyage initiatique… par conséquent la quête artistique aussi.

Merci Sarah Trioullier de t’être livrée pour nous à l’exercice de l’interview. Bon vernissage!

Et pour venir voir l’exposition, cela se passe au restaurant Zagros, 58 bd Ménilmontant dans le 75020 Paris

 

Le site internet: http://sarahtrioullier.format.com/

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