Musée Regard de Provence

Regards de Provence

La visite commençait bien: soleil radieux sur Marseille. Par ce temps plus qu’agréable, autant profiter comme il se doit de la magnifique terrasse du bâtiment dont l’architecture de l’ancienne station sanitaire maritime incitait au repos. Les minutes défilent et l’envie de s’enfermer dans une exposition s’amenuise comme peau de chagrin. Ce qui devait arriver, arriva : il ne restait qu’une demi heure avant la fermeture. Qu’à cela ne tienne, demain sera le temps de la visite.

Le lendemain, plus motivée que jamais je démarre l’exposition par le « petit » film de présentation, faisant office de collection permanente et conseillé à l’accueil (mention spéciale d’ailleurs car il était chaleureux!). Le film démarrait bien, avec une histoire de Marseille projetée sur écran dans une salle des machines.

L’introduction avec le long plan sur les vagues pouvait donner le mal de mer mais ensuite les images illustrant les différentes étapes des contaminations (oui les pestes et autres choléras) animées à partir de reproduction d’histoire de l’art type gravure ou peinture étaient très réussies (mais le temps se faisait un peu long tout de même sur chaque image).

L’écran remonte et là, sur les tuyaux des hologrammes apparaissent avec des jeux de lumière et d’eau. Un passage réussi qui redonnait vie au bâtiment.

Mais, et c’est là que cela se corse, ce n’est pas encore fini! Les spectateurs entendent une voix derrière leur siège. C’est qu’il faut se retourner, quitte à se lever, attraper un torticolis ou déplacer sa chaise pour voir la suite sur d’autres écrans où chaque espace est détaillé selon son usage, plan d’architecte à l’appui. L’idée était vraiment bonne , comprendre le projet architectural de Champollion, Fernand Pouillon et René Egger dans le contexte de l’après guerre (1948), mais là encore il aurait fallu aller à l’essentiel car il y avait beaucoup de redondances.

De nouveau une voix: re-torticolis ou déplacements divers pour se trouver de nouveau devant l’écran approprié. La suite montre le travail de restauration du lieu en montrant l’ancien squat puis la restauration. Cela permet en effet lorsqu’on visite ensuite les espaces d’exposition de mieux se rendre compte de l’histoire des murs qui nous entourent. Ici encore ce qui pèche ce sont les plans interminables et surtout cette musique qui a chaque nouvelle boucle  fini par déclencher chez moi un fou rire magistral: j’ai tenu 40minutes sur 45 cela n’est pas si mal!

Si l’exposition sur Cassis est sans intérêt et met surtout en lumière des croûtes, (je ne m’y attarderais donc pas) celle sur Bernar Venet n’est pas mal du tout. Le parcours est clair et permet de comprendre le cheminement de cet artiste pluridisciplinaire dont les sculptures ont été exposées au château de Versailles. Si toutes les oeuvres exposées ne sont pas de même qualité on peut retracer l’histoire de l’art du XXe dans les réalisations de Bernar Venet qui a expérimenté des peintures monochromes sur carton, des enregistrements sonores, des installations proche du land art, de la peinture également. Je ne suis pas très sensible à son travail dont le concept passe souvent devant la sensation, sauf dans la sculpture où le monumentalisme séduit et englobe le spectateur. Même si les oeuvres de Bernar Venet n’éveillent en moi aucun sentiment, en apprendre plus sur sa démarche artistique était particulièrement intéressant.

Un lieu inégal donc que ce Regards de Provence, au grand potentiel cependant!

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