happy show gaité lyrique

retour sur les expos de l’année…

… dont je ne vous ai pas parlé!

Et oui le temps défile et la fin 2013 approchant à grand pas, il est temps de faire un petit bilan avant d’entamer les visites de 2014 du bon pied.

La mécanique des dessous aux Arts décoratifs

Merveilleuse exposition! Un vrai coup de coeur. D’abord pour la beauté des dessous présentés (dentelles, rubans, froufrous, bijoux) mais aussi pour la scénographie. Si le parcours n’était pas toujours évident dans l’obscurité où le visiteur était plongé (on ne savait pas toujours où aller), il y avait un réel effort pour rendre l’histoire des costumes accessibles à tous. Cartels mais aussi vidéos et sons. Les extraits cinématographiques étaient vraiment bien choisis (nombres d’entre eux font d’ailleurs partie de mes films préférés). Mais le clou venait sans doute à la possibilité d’essayer des dessous: corsets mais aussi crinolines qui permettaient vraiment de se rendre compte comme la lingerie modifie la silhouette. Et avant de partir, des bustes de couturières moulés aux formes des canons de diverses époques permettaient aussi de relativiser face a critères esthétiques contemporains. La beauté est multiforme!

Giuseppe Penone au château de Versailles

Tous les ans, un artiste contemporain s’empare du château de Versailles pour y déployer son univers. Cette volonté est dans la lignée du vouloir de Louis XIV qui mettait à l’honneur les artistes du 17e. J’avais été totalement emballé par celui de Jeff Koon et sa folie colorée, ici c’est une toute autre ambiance qui règnait dans le palais du Roi Soleil. Issu du courant italien de l’arte povera, Giuseppe Penone s’engage à respecter l’esprit des endroits dont il prend possession. En accord avec les élements de la nature, il sculpte des arbres et des pierres, les ornes de dorures et leur donne une seconde vie. C’était le cas par exemple d’un tronc planté à l’époque de Marie Antoinette arraché par le vent lors de la tempête de 1999.  Les installations mettaient l’accent sur l’axe de la grande perspective tracée par le nôtre ou apportaient un regard inédit sur les grands appartements.

Véronique Durruty chez Justine Red

Une jolie boutique découverte cette année, celle de Justine Red qui avec son petit logo de voiture rouge embarque les femmes dans la vie moderne avec des sacs pratiques immitation pneu. Quel est le lien avec la culture me direz-vous? C’est que la créatrice a eu la bonne idée d’amménager au premier étage un lieu d’exposition pour faire partager ses coups de coeur à ses clientes. Cette fois c’était la photographe Véronique Durruty qui était à l’honneur avec une exposition consacrée au Japon dans de belles teintes de bleue. On pouvait également découvrir ses anciennes séries (notamment celle sur l’Inde magnifique) où textures et couleurs des matières se font vecteurs d’émotions.

Happy Show à la Gaité Lyrique

Stefan Sagmaster s’empare de la gaité lyrique à grand renfort de jaune smiley pour créer une bulle de bonheur dans la grisaille hivernale parisienne. ça donne des installations ludiques où les sensations corporelles sont au coeur de la quête (distributeurs de chewing gum et autres friandises au gingembre aphrodisiaque ou de cartes aux gages farfelus, vélo qui éclaire des mots néons, phrases en sucres colorées grâce à un sourire…). Le graphiste a couvert les murs du bâtiments de maximes pleines de bons sentiments extraites de son journal intime. Il s’agit bien donc d’un regard offert plus que des solutions miracles qui vont changer la vie des visteurs mais à voir leurs sourires en sortant, on se dit que le pari est gagné.

The Happy Show, une exposition de Stefan Sagmeister à la Gaîté Lyrique

Raw Vision à la Halle Saint Pierre


Après avoir exploré l’art brut lors d’une visite à l’hotel de ville de Paris, c’est à la Halle saint pierre que j’ai poursuivi mon voyage. Et ça a été un vrai choc esthétique! La diversité et la qualité des créations valent le détour et retracent l’histoire de l’art brut du début XXe à aujourd’hui, en passant bien sur par les dessins spontanés, les cauchemars, les rêves, les hallucinations traduits en peinture mais aussi les fantasmes ou les inventions farfelues. J’ai été particulièrement emballée par les machines abracadabrantes de François Monchatre, fascinées par les motifs d’Adolf Wölfli et embarquée par l’obscurité de Charles Benefiel et Donald Pass . Ne connaissant pas du tout la revue Raw Vision ça a été une vraie belle rencontre avec des univers!

Enki Bilal aux Arts et Métiers

D’Enki  Bilal, je connaissais un peu le travail de dessinateur de BD… Mais c’est un travail bien plus vaste que l’on découvre aux arts et métiers. En prenant appui sur le thème de l’homme mécanisé, on pénètre dans un univers de science fiction où le bleu de l’espace et le rouge de la violence des rapports humains dominent. Les liens se tissent avec notre monde contemporain mais aussi la grande Histoire à laquelle le dessinateur fait des clins d’oeil.  Autre point que j’ai aimé découvrir, les affiches pour le ballet Roméo et Juliette, sublimes.

La Renaissance et le rêve au musée du Luxembourg

Et la déception de fin d’année revient à l’expo du musée du Luxembourg. Avec un titre aguicheur (la fameuse méthode de la pinacothèque que je regrette souvent) on s’attend à une collection de rêve. Peut être que le titre sans les noms fameux auraient suffis. Je n’ai pas été très emballées par les oeuvres présentées sauf bien sûr la gravure de Dürer ou les tableaux de Jérome Bosch, qui par contre sont tellement riches, complexes, beaux qu’ils méritent à eux seuls le déplacement. Dommage, les thématiques déclinées autour du rêve (La nuit, la vacance de l’âme, visions de l’au-delà, énigmes et cauchemars, l’aurore et le réveil) étaient des axes intéressants.

Désir et volupté à l’époque Victorienne au musée Jacquemart André

Une invitation à la beauté et aux caresses que nous promet le musée Jacquemart André, et le pari est tenu. C’est une expo de filles sans doute, avec cet univers romanesque que les inconditionnelles de Jane Austen ou George Eliot connaissent bien , mais c’est surtout une expo qui fait du bien. Une envie de paresser dans un bain chaud parfumé aux pétales de roses surgit après la visite.  Les toiles sont magnifiques, mais il faut dire que j’étais conquise avant même d’y entrer: tout d’abord parce que le musée est en soit un lieu splendide, mais qu’en plus je suis une amoureuse de la bande des desperate romantics, Waterhouse et Rossetti en tête.

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