Artemisia gentileschi

Gentileschi ou la femme triomphante

Une exposition sera bientôt consacrée au Musée Maillol à cette artiste hors du commun, qui a réalisé l’un des tableaux qui me fascine le plus, entre horreur et admiration: Judith décapitant Holopherne. L’occasion de revenir cette semaine sur cette oeuvre déroutante…

Judith tranchant la tête d’Holopherne a été réalisé vers 1620. Cette huile sur toile, mesurant 168×128 cm, conservé à Florence à la Gallerie des offices a pour auteur Artemisia Gentileschi. Première femme peintre de la période baroque et peintre caravagesque par excellence, Artemisia Gentileschi reprend ici un motif souvent traité par le Caravage et ses disciples, et plus particulièrement par Orazio Gentileschi (le père d’Artemisia). Adressant au spectateur un message d’une grande intensité dramatique, l’artiste met en évidence l’action sans se préoccuper de l’émotion « coup de poing » qu’elle suscite. Artemisia Gentileschi a peint une version presque semblable du même sujet huit ans plus tôt (1612-1613, museo nazionale di Capodimonte, Naples).

Elle a aussi peint vers 1625-1627 une Judith et sa servante, aujourd’hui conservée au Detroit Institute of Arts de Detroit.

Ce tableau de 1620 a été très probablement commandé par Cosme II de Médicis en personne et exécuté à Rome par Artemisia au lendemain de son séjour florentin. Conservé au palais Pitti jusqu’en 1774, il est exposé dans la galerie des Offices depuis cette date. Si aujourd’hui le nom d’Artemisia Gentileschi est associé à une œuvre, c’est bien à ce tableau, comme le souligne l’exposition qui lui a été consacrée en 2001-2002 à Rome / New York / Saint Louis.

Histoire de Judith

D’auteur inconnu, le livre Judith de l’Ancien Testament dans les versions de la Bible qui suivent la Septante se divise en deux parties sensiblement égales. Dans la première (ch. I, 7), Nabuchodonosor II, roi de Babylone, envoie son général Holopherne punir les nations occidentales qui ont refusé de se joindre à lui pour faire campagne contre les Mèdes. Holopherne marche sur eux et tous se soumettent, sauf les Israélites. C’est alors qu’un conseiller prévient Holopherne que Dieu défendra les Israélites tant qu’ils lui resteront fidèles. Mais celui-ci, méprisant l’avertissement, assiège les Israélites dans l’ancienne ville palestinienne de Béthulie, près de Jérusalem.
Dans la seconde partie (ch. III, 16), Judith (en hébreu, « Juive »), veuve pieuse et d’une grande beauté, après avoir reproché aux Israélites d’avoir perdu la foi en Dieu pendant le siège, se propose de les délivrer. Après avoir rendu courage aux gens de la ville, elle s’introduit par ruse dans le camp ennemi, prétendant avoir des renseignements contre son peuple, et charme Holopherne qui l’invite sous sa tente à un banquet au cours duquel il s’enivre et s’endort. Judith saisissant alors une épée lui tranche la tête et l’enveloppe dans un sac, puis retourne auprès de son peuple. Les Israélites en liesse attaquent alors les Assyriens, qui, privés de leur chef, s’enfuient pris de panique. À la tête du peuple, Judith entonne un cantique, puis tous rentrent à Jérusalem pour rendre grâce à Dieu

A demain pour une étude dans les détails de cette oeuvre inoubliable

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