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Trois adresses charmantes à Paris

Après avoir partagé avec vous mes bonnes adresses du 19e arrondissement, je vous fais découvrir ou redécouvrir trois lieux charmants dans Paris, où il fait bon de se poser un peu. Des endroits où il fait bon vivre même en hiver. C’est parti pour les adresses charmantes de Paname. 

🍽☕️🍩

La fourmi ailée

Ce petit coin a pour moi une saveur bien particulière. J’y ai de jolis souvenirs, et je ne m’en lasse pas d’en créer de nouveaux. Cela faisait longtemps que je n’y étais pas retournée. Je cherchais un endroit pour déjeuner, il était 11h30. On m’avait parlé du salon de thé Odette mais qui nous a laissé dehors car ils n’ouvraient les cuisines qu’à midi. La fourmi ailée aussi. Mais il faisait froid et ils nous ont laissé nous installer confortablement en attendant l’heure. Et un accueil aimable, à Paris surtout, cela fait la différence. Donc j’ai laissé tomber Odette, et j’ai examiné chaque recoin de la déco fabuleuse dans le restaurant vide à cette heure.

En ce qui concerne le repas, la soupe et le plat du jour (hachis parmentier)  ont fait mon bonheur. Les prix ne sont pas exorbitants et les assiettes copieuses. Un tout petit bémol pour le café gourmand inégal mais les bouchées coco ont rattrapé le coup.

 

La fourmi ailée

8 rue du Fouarre

75005 Paris

 

Le café Madam

Là encore, le duo déco & accueil a fait mouche. Un bienvenue chaleureux, souriant, un peu de papotage mais juste ce qu’il faut pour ne pas être envahissant. Des boissons chaudes délicieuses (cappucino et chai latte), des douceurs réconfortantes (Gros coup de coeur sur le granola ! ).  Un petit air scandinave et une touche rétro dans la déco. Bref, je me suis sentie bien chez Madam. Tous les critères réunis pour une pause régénérante avant de repartir me balader dans le quartier.

J’ai aussi repéré qu’ils font des brunch en semaine, et ça c’est génial pour ceux qui bossent toujours le week-end ! U

 

Café Madam

150 rue Saint Denis

75002 Paris

Le quincampe

Autre adresse charmante avec ces belles poutres et les pierres apparentes: le quincampe. Je me suis régalée avec tous les plats équilibrés, cuisson parfaite,  et en particulier le fondant au chocolat (sur lequel je me suis ruée, et donc pas de photo…). J’ai beaucoup aimé aussi la façon dont les cafés étaient présentés. D’habitude dans les resto c’est juste une tasse, là il y a avait les petits chocolats, le sucre roux, les petits raisins secs. C’est très appréciable de finir le déjeuner sur cette note là, Le service était aussi très sympa. Un endroit cosy, parfait pour les jours et soirs d’hiver qui s’annoncent. A retenir.

 

Le quincampe

78 rue Quincampoix
75003 Paris

 

Pour suivre au jour le jour toutes mes découvertes et mes nouvelles adresses charmantes, retrouvez-moi sur instagram 📷

 

 

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Mes bonnes adresses du 19e

J’ai emmenagé il y a un an dans le 19e arrondissement, et j’ai eu un vrai coup de coeur pour ce quartier. Pourtant au départ, je partais vraiment à reculons. Plutôt par urgence d’avoir un appartement que par choix. C’est donc une vraie bonne surprise. C’est un quartier vivant, en plein boom. Il fait bon de s’y promener, sur le canal de l’ourq, dans le parc de la villette ou celui des buttes chaumont. Je partage avec vous mes bonnes adresses. J’ai hâte d’en découvrir d’autres. N’hésitez pas à partager vos bons plans en commentaire.

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Koko

En voilà un petit resto bien sympa, surprenant aussi. Je suis une grande adepte de la nourriture japonaise et je cherchais un repas de qualité. Les plats ici sont revisités. Cela change totalement des sushis avalés sous des néons. Ici le décor est soigné et le service très sympathique. Nous avons eu la bonne idée de diner tôt un soir de semaine début aout, l’endroit n’était pas encore envahi. Je crois que depuis il est victime de son succès. J’ai adoré les frites de patate douce en apéro avec le Yuzu Spritz, les rolls quatre saisons, sans oublier le mochi glacé au thé vert.

KOKO
14 quai de la Loire
75019 Paris

Wanted-Paris

On a atteri là un peu par hasard parce qu’on avait faim et que la terrasse nous faisait de l’oeil. Super surprise: déco intérieur canon, service avec sourire et plats originaux avec belle présentation. J’avais pris le jus détox & le plat du jour (poisson avec bâtonnets de panais), tous deux délicieux.

Wanted

46 Rue de Meaux

75019 Paris

 

Big Corner

Si vous voulez un bon burger, c’est l’endroit parfait. Je me suis régalée avec ce burger végétarien avec sa galette de pomme de terre, de la provola fumée, des petits champignons, des courgettes, une sauce tartare et en prime de la tapenade d’olives. Mais que les amateurs de viande se rassurent, ils trouveront aussi leur bonheur.

Big Corner

143 Avenue Jean-Jaurès
75019 PARIS

Pavillon des canaux

L’endroit où je donne toujours rendez vous. Je suis fan du concept de la maison salon de thé où vous pouvez grignoter un cookie dans une salle de bain. Je vous en parlais d’ailleurs ici pour leur déco Alice au pays des merveilles lors de la sortie du film. Il y a aussi pleins d’ateliers. Il faut guetter le programme. Mais c’est vraiment l’une de mes bonnes adresses favorites, mon QG presque !

Pavillon des canaux

39 quai de la Loire

75019 Paris

 

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Maison Becquey

Un des spots sympas le long du canal. Un peu plus à l’écart en allant vers le bassin de la villette. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’y diner mais je suis déja accro à leurs cocktails (les sans alcool aussi sont délicieux). Il me tarde de tester la rôtisserie.

Maison Becquey

34, quai de la Marne

75019 Paris

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A fuir

Le pavillon du lac

Il y a les bonnes adresses, mais aussi les mauvaises. Celle-ci est à bannir. Un attrape gogo: Tarifs exhorbitants et service excécrable. Dommage, le bâtiment situé dans les buttes chaumont est très beau.

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Entretien avec Gilles Clément (2/3)

Suite de la rencontre entamée hier avec Gilles Clément. Aujourd’hui on aborde la vie et l’histoire des jardins mais aussi la place de la scénographie ou encore la médiation culturelle…

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On est loin du jardin à la française paré de topiaires…

Et pourtant, cela m’est arrivé d’avoir recours au formel sans réaliser pour autant des jardins strictement classiques aux tracés du XVIIIe. Ainsi pour l’abbaye de Valloires j’ai dessiné quelque chose d’assez rigoureux avec un système de carré comme point de départ. Cela s’en va vers un autre esprit sur les côtés. Mais dans l’axe, pour être en accord harmonieux avec l’esprit de la façade, j’ai créé quelque chose qui se référait un peu à ce langage tout en étant contemporain. Pour le château de B… il y a des systèmes taillés. Les haies renvoient à une tapisserie. Si la réalisation est contemporaine, l’idée est une idée ancienne. Donc tout dépend du sujet que j’ai à traiter.

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Si le peintre part d’une page blanche, le jardinier a comme point de départ un sol pourvu d’histoires. Pourrait-on dire d’une certaine façon que votre jardin est un palimpseste auquel vous ajoutez une écriture ?

De toutes les façons c’est un palimpseste. On aurait tord de ne pas le reconnaitre et de ne pas respecter les différentes couches. Car il y a finalement des choses à en dire historiquement. Mais nous faisons des choses pour l’espace publique. Cela suppose que nous devons tenir compte des gens qui vivent dans ces espaces. On doit, même si l’on fait des propositions,penser à eux. Nous sommes en accord avec notre temps. Nous sommes obligés de rester en conformité avec l’idée qu’ils auraient de la manière de ce tenir dans l’espace. Nous ne sommes plus au début du XXe où les femmes allaient au bord de la mer en se baignant habillées.

C’est pareil pour un jardin. On ne se comporte plus dans un jardin comme autrefois. Il n’y a plus d’ombrelles. Aujourd’hui il y a des gens qui jouent au ballon, des joggers. Ces coureurs présents dans tous les parcs créent des chemins. Ils impriment une trame qui n’était pas forcément prévue au départ. Cela m’amuse beaucoup. Je trouve ça étonnant de courir dans un jardin. C’est décalé. Ils ne le voient pas ce jardin puisqu’ils courent. Il n’y a plus les jeux qui existaient auparavant comme le croquet. On ne joue plus au croquet sur les pelouses. On pratique d’autres jeux. On crée d’autres usages du jardin. Forcément, notre proposition formelle en tiendra compte.
Dans un jardin comme celui du Musée Branly, c’est très différent. Les gens ne viendront pas pour jouer.

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Pourtant il y a déjà un autre usage de votre jardin. On y voit des enfants qui après l’école jouent à trap-trap, cache-cache derrière les arbres, ou imaginent des chasses au trésor où les indices seraient les cabochons de verre des chemins.

Tant mieux. Cela est très bien. Mais les enfants trouvent toujours. C’est très intéressant de voir les différents usages et appropriations d’un jardin. Cela me plait que les enfants jouent et soient heureux dans un jardin. Il y a quelque chose qui se libère si les gens y prennent du plaisir.

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Même les gens qui travaillent au musée aiment y aller pendant leur pause…
Cette vie dans le jardin me plaît. Il n’y a qu’une chose qui me chagrine : ce sont les chemins rouges. Une fois que tout à été dessiné, conçu techniquement, chiffré, on m’a annoncé que pour des raisons d’excellence en matière de handicap on allait créer un chemin pour les non-voyants. Il aurait fallu me le dire à l’avance. J’aurai intégré cette donnée, cette contrainte. Ils n’ont pas tenu compte de mon avis et l’ont réalisé. Ce choix est discutable. Pourquoi intégrer ces chemins particuliers pour les non-voyants qui se débrouillent très bien sans avec les allées en béton. Cela à d’ailleurs créé des accidents chez les voyants qui ne regardant pas leurs pieds ont eu des entorses. Se rendant compte de l’erreur, ils ont rebouché avec cet enduit rouge, pour des non-voyants qui ne distinguent pas les couleurs. C’est scandaleux. C’est honteux pour nous qui sommes responsables de l’esthétique.

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C’est étonnant qu’ils ne vous consultent pas…

Ils m’ont consulté mais n’ont pas tenu compte de mon avis.

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Et que pensez-vous de la façon dont le musée intervient dans le jardin au niveau de la médiation ?
Je ne suis pas assez au courant. Mais il y a des choses que j’ai trouvées très discutables. Tarzan par exemple. C’est grave car cela peut être du premier degré, de la pure démagogie.

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Et en ce qui concerne le programme des ateliers, êtes vous mis à contribution pour leur choix ?

Non. Mais je trouve ça très bien qu’il y ait des ateliers. La pédagogie pour toutes ces questions est très importante.
Je suis allé récemment au musée voir l’exposition de Philippe Descola, La fabrique des images. Je l’ai trouvée bien conçue, très didactique. Et pourtant je me suis enfui à toute vitesse. J’y suis assez malheureux. Je n’aime pas les musées en général. Pas à cause de l’espace mais parce qu’on nous y montre des choses qui sortent de la vie de ces choses. Ce n’est pas comme une œuvre occidentale fournie par un système occidental exposée en occident.
On est donc dans une vision occidentale de l’ « autre » qui rentre en contradiction avec votre conception même du jardin. Il y a une sorte de détournement de votre propos lorsque celui-ci devient la demeure de Tarzan… Alors je m’interroge.
Ce regard de l’occident omniprésent est une autre façon de coloniser. Vous avez la réponse en ce qui me concerne. Je ne suis ni averti, ni consulté. Je ne suis pas d’accord avec ça. Mais j’ai eu la chance de faire ce jardin quand même. Il est étrange et un peu décalé.

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Gilles Clément, n’avez pas voulu utiliser les codes. Quand au musée il jongle avec eux en essayant de ne pas renier l’histoire, l’histoire de la colonisation notamment. On retrouve alors le concept de métissage. Peut-on retrouver cette notion dans votre jardin ?

Oui, car ce jardin là est un lieu de rencontre, un théâtre du brassage planétaire. Métissage avec des hybrides naturels ou artificiels, métissage qui peut être simplement dans la juxtaposition, un métissage paysager, c’est-à-dire des plantes d’origines différentes qui se côtoient. Mais ce sont des plantes qui s’adaptent très bien à ce climat, sinon on ne les aurait pas installées. On peut parler de métissage. Mais il ne fallait pas que, faisant ce choix, qui est un choix d’exotiques, l’on est le sentiment de quelque chose qui soit une collection d’exotiques comme on faisait autrefois en mettant des plantes d’origines différentes côte à côte pour attirer les foules. Avant tout je voulais faire un paysage. Il fallait trouver des unités paysagères.

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En parlant d’exotisme, les cabochons de verre rappellent l’époque maniériste, les cabinets de curiosités, les coquillages incrustés sur les grottes ornementales des jardins. Est-ce une référence clin d’œil ?

Cela participe de la possibilité de communiquer dans le jardin. Il n’y a pas de grotte mais tout ce vocabulaire est à notre disposition: l’eau est là, stagnante. Elle n’apparaît absolument pas comme la performance de l’occident. Au XVIII, à Pékin on copie Versailles. La technique et le pouvoir sur la technique impressionne.

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Finalement, les jets d’eau ont été remplacés par l’installation de Yann Kersalé…

Yann voulait quelque chose qui se rapproche des graminées. Il avait fait des joncs magnifiques qui ont été refusés par la commission de sécurité par peur de dégradation par les visiteurs. Pour revenir au cabinet de curiosités, cette idée n’est pas saugrenue, même si les cabochons ont, avant tout, été conçus comme un jeu de piste pour les enfants et la question animique. Les artisans qui les ont réalisés ont un atelier dans une grange qui ressemble vraiment à un cabinet de curiosité puisqu’ils mettent tout sous inclusion. On peut aussi bien y trouver un corps humain, des os, un crâne, une chèvre, une échelle, des tiroirs remplis d’insectes, que des coquillages.

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Pour revenir à la façade en verre, elle confère à la forme du jardin une dimension de serre. Ce jardin est-il un espace d’expérimentation ?
Oui. On pourrait le rapprocher de la fondation Cartier où l’on retrouve une palissade en verre. Ça joue par rapport aux hybrides. Ça ne joue pas techniquement le rôle de serre car le soleil ne vient pas par là, il n’y a pas de chauffage venant à travers le vitrage, mais cela peut donner ce sentiment. Et en effet lorsqu’on arrive par ce côté on a l’impression de rentrer dans un univers de serre.


Cette impression de serre pourrait nuire au propos du jardin si on le mêle à des opérations de communication en y implantant des igloos, des tentes, des patinoires… Les critiques évoquent les parcs d’attractions, Disneyland et autres Center Park…

Le problème est le même qu’au parc Citroën avec le ballon. C’est au détriment de l’âme du parc même si c’est amusant de prendre une photo depuis là-haut. C’est une attraction. Elle ne devait durer que trois mois… J’aurai voulu des ânes au milieu de la pelouse. A Lyon j’ai mis des moutons qui remplacent pour la pelouse la tondeuse à gazon. C’est plus intéressant qu’une montgolfière à perpétuité. C’est cette civilisation là, l’évolution de la société qui a transformé tous les espaces de rêve en espace marchand.

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La part du rêve dans le jardin s’amenuise…

A partir du moment où l’on ne vous donne que des choses à consommer vous n’avez plus accès au rêve. C’est la « non culture ». L’artiste met à disposition de la civilisation son regard mais il ne met pas dans l’obligation de consommer quelque chose. Ce n’est pas pareil

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Et l’idée de friche est-elle toujours présente au Musée Branly ?

Non parce qu’il y a une gestion. C’est un jardin. Il y a un emprunt de paysage plutôt qu’une friche. Par contre ce terrain là est un climax, c’est-à-dire un optimum de végétation avec les caractéristiques d’une friche arrivée à maturité. On peut voir les choses dans ce sens. De toute façon il y a quelque chose d’un paysage un peu libre, que la nature aurait pu créer. Mais la vraie friche c’est autre chose !

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Gilles Clément, vous aviez dit que vous ne pourriez pas parler du jardin avant quelques années, le temps que les plants prennent. Maintenant a-t-on assez de recul ?
On peut aujourd’hui faire l’inauguration du jardin. On pouvait faire celle du musée tout de suite puisqu’il était fini. Le jardin lui commençait. On peut estimer qu’il est regardable en tant que jardin au bout de cinq ans. A cinq ans il y a une petite maturité, les plantes se sont installées, les arbres vont commencer à se déployer. Le voyage a été un traumatisme pour eux. Tout cela prend du temps.
Quand je suis retourné dans le jardin j’y est découvert une espèce de tombe, « ici git Gilles Clément » ou presque.
Cette plaque a été mise en avant par EDF, pour vanter les qualités écologiques de cette société…
On est toujours récupéré. C’est une de mes luttes constantes, surtout depuis 2007. C’est pour cela que j’ai refusé de faire partie du Grenelle de l’environnement, de discuter avec le ministre de l’écologie, ou des projets provenant des fonds gouvernementaux.

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Pourtant un musée au départ a une vocation citoyenne. Inclure un jardin dans un musée n’est donc pas anodin, aurait-il donc une mission citoyenne à part entière ?
Bien sûr. C’est une mise en équilibre de l’individu. Il y a toute l’importance du délaissé. Dans un jardin, s’il est sans règle, les gens font ce qu’ils y souhaitent : un pique nique, des fêtes, de la botanique. Le jardin est un espace de liberté.

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Cette dimension prend sans doute toute son ampleur dans le jardin nocturne…

Avec Yann Kersalé, nous étions d’accord sur le principe de ne pas tout éclairer. Sinon il n’y a plus de profondeur, de mystère. Il était question, ce qu’on ne souhaitait pas du tout, de mettre de grands projecteurs le long de la paroi vitrée. Nous avions dit qu’il s’agissait plutôt d’une scénographie lumineuse qui n’était pas forcément fonctionnelle.

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Par cette installation on découvre alors un nouvel espace où les notions d’animisme et de sacré ressurgissent…
C’est toujours un peu plus trouble et émouvant. En même temps je préférerais que la nuit soit éclairée par des lucioles. Dans les pays tropicaux on en voit parfois des vols entiers. A ce moment là on est avec les animaux de la nuit. C’est dommage que notre vision nocturne ne nous permette pas de voir toute la vie qu’il peut y avoir. Car les éclairages que l’on impose chassent les animaux.

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Quant aux animaux qui sont arrivés au musée…
Je les ai photographiés. J’ai même vu un canard blanc une fois, une sorte de bébé albinos. Cela veut dire qu’ils peuvent vivre là. C’est une bonne chose dans un univers qui n’est pas si facile, confiné, un peu pollué.

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A demain pour la dernière partie de l’entretien…

 

 

 

 

📷©rmn

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Une licorne pour ma nuit blanche

J’aurai pu vous mentir. Vous dire que j’y étais. Que c’était génial comme tous les ans. En bonne blogueuse culture, nuit blanche c’est l’événement à ne pas manquer à Paris. Seulement, cette année j’avais autre chose de bien plus important à mes yeux. L’amitié passe avant tout. Blogueuse culture ou pas.

Et puis, voilà que mardi, en prenant un café en terrasse avec une amie, une licorne est apparue sous mes yeux. Là, dans la rue. Ce n’était pas une hallucination. Ni une, ni deux, nous l’avons suivie. Encore plus surprenant : la licorne est rentrée dans une église. Celle de la rue de la verrerie dans le quartier du Châtelet: la paroisse Saint Merry.

Le temps semble figé dans l’espace. Des vêtements sont suspendus dans l’église. La licorne git sur le sol. Que s’est-il passé?

En effet, le cheval blanc faisait partie au départ d’une installation de  Marguerite Lantz, dans l’Eglise Saint Séverin.

Elle est partie du postula que dans certaines cultures, les oeuvres sont créées par les artistes lorsqu’elles sont apparues dans leurs rêves. La licorne est donc le fruit d’une vision nocturne de Marguerite Lantz, une image lumineuse et consolatrice. Un animal merveilleux venu lui apporter réconfort dans son sommeil à un moment très sombre de sa vie.

L’installation de samedi comprenait également un travail fait avec Frédéric Bondy, autour de la lumière et du son. Créant une forêt sensorielle autour de cette licorne phosphorescente.

Pedro Marzorati avait créé quant à lui pour la Paroisse Saint Merry une installation: Plus haut que le ciel. L’artiste argentin nous raconte une histoire mystérieuse sans nous en donner les clés. Nous déambulons dans les allées. Imaginons à qui appartenaient ces enveloppes de tissus.

Difficile de ne pas évoquer le travail de Boltanski en voyant ces fantômes flotter dans les airs.

Quels sont ces drôles de personnages de chiffons? La lumière des vitraux miroite. Elle nous entoure et nous inclue dans ce monde chimérique. Celui des rêves ou des cauchemars. C’est selon.

Il manquait une partie de l’oeuvre lorsque je l’ai vu. Samedi soir, une installation avait été montée en superposant des chaises de l’église pour évoquer la tour de Babel. C’était le point de départ pour l’installation des vêtements, représentant les âmes s’envolant vers le ciel. La création comprenait également un jeu sur le son avec un orgue et un nuage de brume envahissant l’église de tant à autre.

Si l’installation dépourvue de tout cela est déjà saisissante. Cela devait être prodigieux.

Aujourd’hui, suspendus dans l’église demeurent les carcasses de vêtements de Pedro Marzorati  et la pauvre licorne de Marguerite Lantz, abattue abattue sur le sol. Un autre monde se dessine. Très inquiétant.

C’est finalement la nuit blanche qui est venue à moi en plein jour!

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Manolo Valdés, place Vendôme

De rendez-vous dimanche dans le quartier d’opéra, j’en ai profité pour faire un petit détour place Vendôme où s’exposent en ce moment plusieurs sculptures de Manolo Valdés.

Je dois bien l’avouer, je ne connaissais pas l’artiste espagnol. Et c’est une bonne surprise. J’ai beaucoup aimé le contraste entre le côté brut des matériaux (marbre blanc, aluminium, fonte, acier laminé ) et l’élégance des visages représentés. Le côté mode et chic des têtes gigantesques était totalement  en accord avec la place Vendôme, envahie de fashionistas pour la fashion week. Au passage, l’une d’entre elle devait avoir un compte instagram ou je ne sais quoi vu les poses abracadabrantes qu’elle prenait au milieu des oeuvres. Ce qui m’a beaucoup fait rire.

J’ai beaucoup aimé la variété des coiffes des sculptures de Manolo Valdés qui donnaient un brin de folie aux têtes dont les formes minimalistes rendaient les visages presque austères. Chacune a sa propre personnalité : La mariposa, Los aretes, La diadema, Mariposas, La doble imagen, La pamela.

L’artiste dit s’être inspiré de la nature : « Mes sculptures sont faites pour avoir plusieurs vies et personnalités au cours les saisons, elles s’intègrent aux couleurs éclatantes de l’automne, à la neige et la lumière glacée de l’hiver, aux fleurs printanières, à la fraîcheur des arbres en fleurs et finalement à la plénitude de l’été et sa verdure ; chaque saison amène de nombreuses surprises ! »

Bref  bonne surprise!

Ne tardez pas, l’exposition a lieu jusqu’au 5 octobre

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Une entendante à la journée mondiale des sourds

J’ai hésité à écrire ce billet. Je suis entendante et je ne me sentais pas légitime pour relayer cette belle journée qui a eu lieu samedi, celle de la journée mondiale des sourds.

Je ne me sentais pas légitime et je me rends bien compte qu’encore aujourd’hui malheureusement, on prive les sourds de la parole, on s’exprime à leur place. C’est bien dommage. Ils ont tant à nous dire et à partager. J’ai décidé de prendre mon clavier suite au post d’une amie sur facebook bien déçue, et on la comprend, qu’aucun media n’ai pris la peine de s’y intéresser ou de relayer l’information.

Alors voilà, j’envoie un ballon turquoise dans le ciel d’internet… Ouvrez les mains bien grandes pour l’attraper!

La semaine dernière, de nombreux événements en France ont été organisés pour défendre cette CULTURE. J’écris le mot bien gros car encore aujourd’hui, quand on dit sourd on pense handicap. Et tout de suite ça fait peur. Et tout de suite des amalgames plus étranges les uns que les autres sont faits avec d’autres types de handicaps, voire même de maladies (si si je vous jure, certains pensent encore que c’est contagieux la surdité).

Je m’égare!

Il y avait donc des conférences, des projections cinémas, des rencontres et puis samedi une grande marche joyeuse pour sensibiliser le public, notamment à la langue des signes française et à l’éducation pour les enfants sourds.

Pour ma part, j’ai adoré marcher à leurs côtés samedi à Paris. Papoter place Saint Sulpice. J’ai appris plein de choses.

Voilà quelques initiatives qui ont retenu mon attention:

👐🏻 L’association Sortir avec les mains qui crée de lien entre sourds et entendants en proposant des cours de langue des signes mais aussi et ça c’est vraiment novateur des sorties culturelles.

👐🏻Le film qui a été projeté à Paris:  La vérité des sourds, des témoignages racontés dans un docu-fiction par Julien Bourges, réalisateur. Je n’ai malheureusement pas eu la chance de le voir mais les retours que j’en ai eu étaient très bons.

👐🏻Le projet  inclood qui propose des livres et ateliers lsf pour les enfants.

Aujourd’hui, je voulais profiter de ce billet pour remercier très sincèrement toute la communauté sourde de m’avoir acccueillie si chaleureusement . D’avoir cette patience pour communiquer avec moi qui apprend à signer. De prendre le temps de me faire découvrir votre monde, et de le faire avec passion.

Souvent justement c’est le principe des communautés, si vous n’en faites pas partie, vous ne pouvez pas y rentrer, si vous n’êtes pas exactement pareil. On a, souvent à tort, l’image des sourds totalement repliés sur eux même. Ce n’est pas ce que j’ai vu samedi, et j’espère que vous chers lecteurs entendants, vous saurez le voir aussi!

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Pavillon des canaux origamis

Welcome to wonderland 🐇

 » Elle sort de son lit, tellement sûre d’elle, la Seine, la Seine, la Seine… ».

Ces jours-ci, les parisiens pataugent dans un décor digne du dessin animé Un monstre à Paris. Les pluies diluviennes ont fait fleurir des paysages étranges, les statues et les monuments ont les pieds dans l’eau.

C’est au pavillon des canaux que j’ai trouvé refuge hier à défaut de pouvoir arpenter mes musées préférés fermés, notamment Le Louvre et le musée d’Orsay, pour cause d’intempéries. (Saluons au passage le travail des restaurateurs et personnels de lieux culturels qui se mobilisent à Paris et en région pour préserver notre patrimoine).

Pause colorée et cosy donc au Pavillon des canaux. Un lieu insolite au bord du canal de l’ourq. C’est une petite maison de ville avec sa petite terrasse mais aussi son salon, ses chambres, sa salle de bain dans lesquels vous pouvez prendre un thé ou manger un brunch. Original non?

A l’occasion de la sortie du film Alice de Tim Burton, le lapin blanc et ses amis ont envahi le lieu le temps d’une exposition. En ce samedi gris il y avait pas mal de monde et les petits pouvaient se faire maquiller.

Je n’ai donc pris que des détails en photo… Peut être que cela vous donnera envie d’aller vous rendre là bas à votre tour.

L’exposition termine le 17 juin: Ne soyez pas en retard!

Toutes les infos sur le site http://www.pavillondescanaux.com