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Le joueur d’échecs de Stefan Zweig

Le joueur d’échecs est une belle ode à l’intelligence de l’homme et à sa liberté.

Monsieur B est emprisonné par des nazis. Isolé, perdu, il n’a plus conscience du temps ni de l’espace. Ses bourreaux lui font subir la violence psychologique, celle qui consiste à priver un homme de ses repères jusqu’à ce que celui ci bascule dans la folie. Cela a été analysé, l’homme privé de ses semblables, de dialogue, produit des symptômes liés à l’isolement. C’est le cas avec certaines personnes âgées qui peuvent ainsi développer une paranoïa. L’esprit tourne en boucle sur lui même et les moindres faits venant de l’extérieur sont surinterprétés. C’est ce qui risque d’arriver à Monsieur B. dans sa cellule. Mais celui-ci réussit à dérober à l’un de ses geoliers un livre qui explique les plus célèbres combinaisons des jeux d’échecs.

Il a été étudié que dans les cas de détention extrême, par exemple les camps de concentration nazis, la pression psychologique visait à déshumaniser les détenus en les privant de leur identité. Le moindre objet personnel qui était dissimulé était alors une bulle de liberté. Un peigne par exemple devenait le lien entre soi et l’appartenance à son propre corps martyrisé par le simple geste de se coiffer. C’est un peu le même genre d’opération psychologique qui se joue chez Monsieur B. qui en se plongeant dans les combinaisons d’échecs restaure son intégrité intellectuelle par d’autres préoccupations que celle de sa subsistance primaire (par exemple la pensée des repas). Mais cela devient une quête obsessionnelle.

Le récit fait alors le parallèle entre Monsieur B qui des années après lors d’une croisière mesure son talent de stratège développer lors de sa détention et un champion reconnu et arrogant Czentowicz. Un duel s’engage alors entre les joueurs d’échecs. Et ce double récit, est comme toujours chez Zweig, un atout pour renforcer les contrastes entre les deux personnages et leur relation au jeu et aux autres hommes. Les échecs sont un jeu de stratégie, il faut connaître les combinaisons pour ne pas se faire mettre mat en deux coups, mais comme au poker il faut analyser son adversaire. L’analyse psychologique n’en ai donc que plus percutante avec cette métaphore des échecs.

Le joueur d’échecs : Un classique indispensable!

  • niki (24 février 2017)

    je n’ai pas lu ce roman de zweig, jusqu’à présent je le connais surtout par « lettre d’une inconnue » et ses biographies, mais je note ce titre aussi 🙂

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